Dans le cyclisme professionnel, tout est contrôlé.
La distance, la puissance, la durée, pour ne citer qu’elles… Pour Tao Geoghegan Hart, ce n’est pas ainsi que les choses ont commencé. Pour lui, bien avant les podiums des Grand Tours et les courses du World Tour avec Lidl-Trek, le cyclisme, c’était naviguer à travers le chaos des rues de la ville, sur son fixie, au rythme effréné de la vie urbaine.
L’instinct développé dans la jungle urbaine ne l’a jamais quitté, mais a bien plutôt été affuté par l’adversité. Une hanche et un fémur fracturés tôt dans son parcours chez Lidl-Trek, Tao a traversé une période d’arrêt difficile. Forcé de ralentir, il en est revenu avec une clarté renouvelée : dans son essence, le cyclisme doit être fait d’authenticité.
« Le cyclisme n’est pas assez vrai. Le vrai cyclisme doit te prendre aux tripes. »
L’idée de rendre le cyclisme urbain plus accessible résonne aussi chez le graphiste et artiste Ciarán Birch. Installé à Londres, Ciarán puise son inspiration dans les textures, les formes et le mouvement perpétuel de la ville qui l’entoure. Si Tao ne connaît plus guère Londres qu’en tant que visiteur, Ciarán en observe les détails au quotidien.
« Il devrait y avoir un mouvement pour faire connaître ce sport aux enfants de la ville. Il y a encore beaucoup de préjugés sur le cyclisme, » explique Ciarán.
« Je trouve que c’est une des beautés des grandes villes, » remarque Tao. « Il y a la course perpétuelle, la pénibilité, la dureté de la vie citadine, et au milieu de tout ça, vous pouvez tomber à tout moment sur quelqu’un ou quelque chose qui vous surprend. »
L’épisode Contraste explore l’essence du cyclisme et ses disparités : un sport défini par des cols emblématiques et des routes idéales, bien que pratiqué par le plus grand nombre dans le tourbillon des villes. Un sport aux perspectives multiples, fait de mouvement comme de routine et de nécessité.