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Life

Plongée en eaux profondes avec Kiel Reijnen

Une aventure dans l’arrière-cour avec le coureur de l’équipe Trek-Segafredo

Kiel Reijnen, le coureur américain de l’équipe Trek-Segafredo, n'est pas le pro lambda. Il n’a débarqué en WorldTour qu’à l'âge de 29 ans. Ce qu’il aime, c’est couper du bois, et les gros travaux de jardinage. Il a même construit sa propre maison. Les voitures flashy, les vêtements de créateurs, le statut social et la propriété, tout cela n’intéresse pas vraiment Kiel. C'est un gars qui place les aigles à tête blanche plus haut que Balenciaga.

Même si son métier de coureur cycliste le balade tout autour de la planète depuis une dizaine d’années, Kiel garde un attachement profond pour le Nord-Ouest Pacifique où il a grandi. Le climat pluvieux n’est certes pas idéal pour quelqu’un qui doit rouler à vélo plusieurs heures chaque jour. Mais c’est authentique, et c’est ce qui compte pour Kiel.

Domicilié dans l'État de Washington, Kiel s'entraîne principalement sur son vélo de Gravel, un Trek Checkpoint monté avec le groupe eTap AXS. Vu le réseau de sentiers et de pistes disponibles, ce genre de sortie multi-surfaces est sa façon favorite de passer du temps sur le vélo. Il est la preuve vivante que le Gravel est bien plus qu'un battage publicitaire de l'industrie. Le mec aime vraiment ça.

Au cours des deux dernières années, Kiel a retrouvé son vieux copain d’enfance et compagnon de route, Devin Bodony. Kiel attribue ce retour de flamme au Gravel. Devin en a acheté un, Kiel l’a imité et s’y est mis. Tout à coup, ils se sont retrouvés à rouler ensemble de nouveau. Et c'est le point de départ de toute cette histoire.

Jetez un œil à la vidéo ci-dessous pour vous plonger dans une aventure de plusieurs jours en Gravel aux côtés de Kiel et Devin, puis poursuivez la lecture pour un entretien avec Kiel.

Comment avez-vous rencontré Devin et quelle est votre relation ?

Devin et moi on s’est connu en classe, vers notre première année de lycée. J’étais déjà motivé pour rouler, bien au-delà du simple fait d’aller à l’école à vélo ou de pratiquer pour le plaisir. À la même époque, Devin, lui, commençait à rouler. Il vivait au nord de l’île, tout près de chez moi à vol d’oiseau : mais, pour passer les ponts, contourner les fjords, il faut un peu de temps. Alors on roulait à la rencontre l’un de l’autre, puis on partait ensemble pour de longues escapades autour de la péninsule et des îles.

Ensuite, nous avons commencé la compétition en même temps, et nous avons immédiatement accroché. C'était amusant de découvrir le sport ensemble. Il y avait une poignée d'autres gars avec nous, nous formions un petit groupe.

Puis… la vie a passé. Moi j’ai beaucoup voyagé, Devin et sa femme ont exploité une ferme. Nos vies étaient très différentes à bien des égards. Mais il y a quelques années, Devin a redécouvert le vélo. Il n'avait pas totalement cessé de rouler, mais disons qu’il a de nouveau attrapé le virus. Moi aussi, à ma manière, j'ai redécouvert le vélo. Ces deux dernières années, je suis retombé amoureux de mon sport d'une manière complètement différente. C'était rafraîchissant.

L’un et l’autre, nous avons ressenti cette passion renouvelée de rouler, spécialement en Gravel. Les vélos, les vêtements que nous portons, tout a tellement changé depuis l’époque de nos débuts ! C'est une nouvelle découverte, et la découverte c’est toujours plaisant. Nous faisons des sorties ensemble depuis un an ou deux, explorant la péninsule à la recherche de nouveaux lieux pour rouler. Ayant tous-deux vécu ici pendant la majeure partie de notre vie, nous nous étonnons de trouver encore des endroits que nous ne connaissions pas. Il y a beaucoup de routes forestières, et beaucoup de connexions possibles désormais entre les secteurs, ce qui n’était pas le cas avant, faute d’avoir les bons outils. Voir Devin s’extasier là-dessus, ça m’amuse beaucoup, et c’est sans doute réciproque.

La première fois que nous avons parlé de ce projet commun, l’idée était en quelque sorte de concrétiser nos retrouvailles par le cyclisme. C’est à vélo que notre amitié était née. Boucler la boucle, avoir suivi des parcours de vie éloignés et se retrouver au même endroit 20 ans plus tard, c’est plutôt beau. C’est une histoire unique, mais qui n’est pas propre au cyclisme. Ce qui est bien avec le vélo, c’est que vous pourrez en faire toute votre vie. En ce sens, il n’est donc pas surprenant que le lien entre Devin et moi se soit maintenu au fil des années. Nous retrouver autour de cette passion revivifiée, c’est une belle expérience. Ce voyage a été l’occasion de revivre dans cet esprit d’aventure qui avait baigné nos débuts.

Vous avez l'habitude de vous préparer pour les courses sur route. Vous avez même fait des courses Gravel comme la Dirty Kanza. Quelle impression ça vous a fait de préparer et de planifier cette excursion de plusieurs jours à Cape Flattery ?

Il est étonnamment intimidant de se préparer à une chose dont vous n'avez pas l'habitude. Même me préparer pour les championnats nationaux chaque année, c'est un peu intimidant, car alors je ne suis pas dans mon contexte habituel. Le bus de l’équipe n'est pas là, ni les soigneurs, les mécaniciens. Tout ce qui, d’habitude, permet de se répartir les rôles. Même les choses les plus simples, comme le fait de penser à récupérer mon dossard la veille de la course. Toutes ces choses dont vous êtes déchargé en temps normal, là il faut les assumer. Cela vous sort de votre modèle. Cest une bonne piqûre de rappel. J'adore les championnats nationaux, parce qu’alors je réalise tout ce que l’équipe met à ma disposition le reste du temps, en termes de ressources matérielles et humaines.

Dirty Kanza l'année dernière, je me souviens avoir parlé avec Pete [Stetina] la veille. Nous regardions le nombre de bouteilles d'eau que nous avions en pensant : « Est-ce trop ? Ou n'est-ce pas assez ? » Nous n'en avions aucune idée. Nous étions là, à emballer des sandwichs dans notre sac, puis à les retirer pour les remplacer par des barres et des gels, puis à les sortir à nouveau pour des cornichons. Nous n'avions aucune idée de ce qui était nécessaire. C'est plutôt cool, parce que tu n’as plus qu’à le découvrir par toi-même. Et ça va forcément mal tourner, tu vas avoir envie de quelque chose que tu n’as pas pris, ou avoir trop de ce dont tu n’as pas envie. Cest ce qui en fait une aventure. Bon, tant que tu as ce qui te permet d’aller au bout, tout cela fait de bonnes histoires.

When we were getting ready for this adventure, clothing choices were something we spent a lot of time talking about. We had to ride through snow a couple of times up in the mountains. There was a chance of it pouring rain the whole time, even though we got lucky and it didn’t. At one point we were riding in full-on rain gear and sweatpants. You name it, we tried it. It was all learning. It was all stuff I’ll put into practice again on the next adventure. Brainstorming the ideas and coming up with the plan is half the fun. Devin and I spent a lot of time on the phone trying to think about all the different things we wanted to cook, what we wanted to stuff in our handlebar bags. Half the fun is just getting ready for the trip.

When you guys were on this trip in February, it seemed like you had the whole race season in front of you. Now of course, so much has changed. Is there anything you learned on the trip that is more relevant than ever? 

Absolutely, just looking at the headspace I was in at the time, I had just come home to the wintry Pacific Northwest from three weeks in the summer heat of Australia. It was super focused in Australia. We were there to win and we did win. We were putting in really hard training rides between the races. It was this big block of building towards the Classics. I was really focused in Australia.

Rentrer et sauter à pieds joints dans ce mode aventure créative, sans transition, c’était d’abord assez déstabilisant. Et puis, quand nous sommes entrés dans le vif du sujet, bien sûr, c’est devenu vraiment réjouissant. Je pense que la plus grande leçon d'un voyage comme celui-ci, c’est qu’il faut apprendre à suivre le courant. Il y a tellement de variables, vous passez d'un endroit à l'autre et tout change sans cesse de façon imprévue. Vous avez un plan, et c'est important, mais vous devez être flexible. Le résultat final ne sera pas ce que vous aviez imaginé.

Après avoir bouclé le périple, je suis retourné chez moi et le soir-même j'ai fait mes valises pour le UAE Tour, le lendemain. Ce fut encore un revirement très rapide. Au final, je suis passé d’un climat chaud à un climat froid puis de nouveau à un climat chaud. J'ai ressenti un petit choc culturel lorsque de retour du nord-ouest, j’ai été comme « jeté » à l'aéroport. Nous roulions seuls au milieu de nulle part depuis quelques jours. C'était si vert et si beau. Il y avait tellement d'aigles que nous ne pouvions même pas tous les compter. Jouir de ces vues incroyables, et puis être soudainement à l’aéroport, entouré de tout ce chaos et de tout ce monde, c’était très étrange. Puis un peu de temps s'est écoulé, la course a été annulée, nous avons été mis en quarantaine. Je suis finalement retourné aux États-Unis, et tout était à nouveau calme et tranquille. Il y avait un effet montagnes russes. Pour moi, la plus grande leçon de ce voyage a été d'apprendre à me laisser porter, et non seulement à accepter, mais à essayer de trouver de la joie dans tous ces changements.

Nous sommes tellement habitués à nous entraîner dans un but précis. C’est pour ça que la situation actuelle, avec cette pandémie, est si difficile à vivre pour un athlète. Il n’y a aucun objectif déclaré à ce jour, nous sommes dans un schéma de pure attente. Or, le seul but que nous avions lors de notre trip, Devin et moi, c’était d’avancer. Il n’y avait aucune exigence à remplir pour que ça vaille le coup. Juste continuer. Et c’est un peu comme cela qu’il faut rouler en ce moment. Juste rouler et être capable d’en profiter. Parce que c’est tout ce qui est en notre pouvoir.

Et si cette histoire racontait, métaphoriquement, la redécouverte de votre propre arrière-cour, quel conseil donneriez-vous à celui qui lira cet article, quant à la façon de penser à son arrière-cour ?

Je pense qu'il est super facile de voir une vidéo comme celle-ci et de penser d'abord «je veux y aller et faire ça ». Mais ce serait une erreur de ne retirer cela que de cette situation. Le fait est que cela existe où que vous soyez, il vous suffit de le chercher. Je dis cela en tant qu’athlète professionnel. Tout ce que je suis censé faire, c'est aller chercher ces trucs. Et ça me manque toujours, tout le temps. Nous sommes tellement enfermés dans nos propres têtes et nos schémas habituels. Ce genre d'endroits incroyables est caché parmi les mauvaises herbes, partout où les gens vivent. J'espère donc que cette vidéo incitera les gens, bien sûr une fois à nouveau en sécurité, à sortir et à explorer leur propre arrière-cour.

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eTap AXS pour le Gravel

Ce projet s’est déroulé sur les terres ancestrales des peuples Klallam, Makah, et Chimacum.

Video et Création : Thousand Percent Studio. Illustrations : Chris McNally.