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Swiss Star

Faites la connaissance de Jolanda Neff de Trek-Segafredo et Trek Factory Racing…

Cycliste polyvalente et polyglotte,Jolanda Neff, est une enthousiaste. La star suisse des formationsTrek Factory Racing CX et Trek-Segafredo Women estun athlèteaccomplieaussi bien en VTT, que sur route et en cyclo-cross. Elle se passionne pour l’apprentissage des langues, qu’elle met en pratique au cours de ses voyages. Nous avons retrouvé Jolanda au lendemain du Championnat du Monde de Cyclocross au Danemark, dont elle avait pris la sixième place.  

Voici ce qu’elle nous a dit :

Aux Mondiaux, vous êtes partie duquatrième rang, et vous êtes rapidement remontée jusqu’au groupe de tête. Racontez-nous ce début de la course?

Je me sentais bien. Je sentais que j’étais dans la bonne allure. Je n'ai jamais eu l'impression de rouler trop vite… Je n’ai pas tardé à apercevoir le groupe de tête. Cela m’a ouvert d’un coup des perspectives nouvelles. J’ai réalisé que j’étais capable de le faire. Vous savez, je suis encore relativement nouvelle en cyclo-cross… On ne sait jamais vraiment à quel niveau on se trouve. On se pose des questions. Suis-je vraiment capable de les suivre ? Puis-je faire cela? On ne sait jamais vraiment… Ce fut une excellente expérience pour moi, que de me découvrir capable d’évoluer à ce niveau.

Le cyclo-cross réunit des athlètes venus du cyclisme sur route et du VTT. Quels sont les avantages ou les inconvénients du passage au cyclo-cross quand on vient du VTT?

Il faut d'abord comprendre que le cyclo-cross était un sport différent, un tout autre sport que le VTT ou que le vélo de route. C’est autre chose. C'est tellement spécifique. Il faut beaucoup d'intensité. Le plus souvent, les routiers ont cette d’expérience, qui leur permet d’accélérer, d’aller au-delà de leur limites mais juste au bon moment. Juste pour combler cet écart,boucher ce trou et recoller au groupe… parce que tu sais qu’en principe, si tu reviens tout de suite, tu pourras te détendre à nouveau.

En VTT, le truc, c’est plutôt de maintenir ta vitesse pendant 90 minutes. Si tu te mets une fois dans le rouge, c’est foutu. Il te faut trop de temps pour récupérer. Il n'y a pas ces temps morts, ou ces possibilités de se placer dans les roues pour récupérer un instant. Tu es toujours en prise. Et tu dois vraiment doser ton effort. Tu dois vraiment être bien placé. Moi, c’est à ça que je me suis appliquée toute toute ma vie. Et je dois oublier ça quand je fais du cyclo-cross. Je dois guetter le bon moment pour fournir mon effort maximal. Le cyclo-cross exige une sorte de saut mental pour moi, cette façon d’alterner les effort supra-maximaux et les moments de récupération qui suivent. Les routières et les routiers y sonthabitués. Mais pour moi, c’est un point d’apprentissage.

On sait que la Suisse a produit des grands cyclistes dans toutes les disciplines: route, VTT et cyclo-cross. Quelle est la culture du cyclisme là-bas?

Nous avons une très bonne culture de la compétition en VTT. Nous avons des catégories qui mettent déjà les jeunes enfants en bonne posture. Ils peuvent se confronter à des parcours techniques, bien plus qu’à des efforts d'endurance. Ils acquièrent tôt descompétences techniques solides. C’est une étape si importante. Quel que soit le pays, quand les enfants commencent par pratiquer le BMX, quelle que soit ladisciplinedans laquelle ils s’engagent ensuite, ils maîtrisent parfaitement bien leur vélo.

Les compétences à acquérir pour le VTT ne sont pas les mêmes qu’en BMX, mais l’approche est similaire. Vous apprenez d’abord à faire du vélo, puis vous vous concentrez davantage sur l’endurance, l’intensité et tout le reste. Et cela permet de garder l’aspect ludique : quand vous maîtrisez votre vélo, tout est tellement plus amusant. Vous vous sentez plus à l'aise. Cela aide vraiment à développer de bons cyclistes.

En Suisse, la culture cycliste oscille. Il fut un temps où nous avions un champion du monde de cyclo-cross. Actuellement, nous en sommes loin. Puis il fut un temps où Fabian (Cancellara)faisait notre bonheur, sur la route et contre la montre. Ensuite, il y a eu le VTT, dont je dirais qu’actuellement c’est la meilleure spécialité du cyclisme suisse. Bien sûr, ce serait bien de pouvoir briller dans toutes les disciplines !

Ces temps-ci, il y a un gros enthousiasme autour du « gravel » et de la route. Vous qui touchez à toutes les disciplines cyclistes, comment voyez-vous la route évoluer ?

Je trouveque c’est trop cool. J’ai achetéun « gravel » à ma mère cette semaine. C’est le vélo parfait pour pas mal de gens ! Ma mère utilise son VTT pour ne rouler le plus souvent que sur la route et les chemins. Alorsun vélo de route au sens strict, ça ne va pas parce qu’elleemprunte les chemins gravillonnés. Et avec le « gravel », c’est juste parfait. Elle peut conserver ses itinéraires habituels, elle est juste plus aérodynamique et plus rapide… grâce à un vélo mieux adapté. Beaucoup de gens sont dans ce cas : ils roulent sur un VTT mais en réalité ils n’en ont aucun besoin, car ils empruntent les sentiers. Avec un « gravel bike », c’est sûr, vous aurez plus de plaisir. Après, si vraiment vous partez en montagne, faire de la descente et des singles, un tout-suspendu s’imposera.

Il paraît que vous aimez particulièrement l’étude des langues ?

J'ai étudié le latin à l'école pendant six ans, puis lorsque je suis allé à l'université, ce que je n'ai fait que pendant deux ans. Mais ces deux dernièresannées, j'ai étudié le français, l'anglais et l'histoire. Tout le monde en Suisse doit apprendre l'anglais et le français, à l'école. Tout le monde connaît déjà au moins deux langues, à un moment ou l’autre de sa vie. Et puis, nous avons quatre langues officielles, l'italien, le français, le romanche et l’allemand !

Mais me concernant, j’ai vraiment un amour des langues. J'aime le latin. J'aime ce côté détective, trouver les mots et les combinaisons. C’est une telle chance,que de pouvoir combiner cela avec ma vie sportive. Nous parcourons la planète entière. Je rencontre tellement de monde. Grâce aux langues, vous pouvez communiquer. L’aime aussi beaucoup la sonorité du flamand. Le cyclocross est vraiment un sport flamand…. J'adore l'espagnol. Nous allons dans des camps d’entraînement en Espagne. Maintenant, dans l’équipe sur route, les gens sont de tant d’origines et de pays différents. J’aime ça, quoi : découvrir différentes  langueset cultures.

D’après votre site Web, vous aimez aussi cuisiner.

Ma mère en riait ! En effet, j’ai écrit: « j'aime cuisiner » et ma mère m'a dit: «Vraiment? Tu ne fais jamais la cuisine à la maison! »(Rires) Disons que j'aime cuisiner, mais ce n’est pas comme si je le faisais régulièrement.

Qu'est-ce que tu aimerais faire?

Une bonne omelette avec des œufs, des épinards, des tomates, des oignons, de l’avocat et du chou kale, peut-être.

Ça doit être bon etsain ! Nous souhaitons à Jolanda le meilleur  pour cette saison.

Suivez @Jolandaneff et @treksegafredo sur Instagram.

Toutes photosde course © Balint Hamvas Cyclephotos